Les Olympiques d’hiver nous permettent encore une fois d’observer ce fait: le design n'est pas une priorité canadienne. Quant on compare les costumes des patineurs/patineuses artistiques ou le maquillage des bobsleighs des athlètes canadiens versus ceux d’autres nations, on constate que le Canada a encore beaucoup de chemins à faire.

Il y a des pays (Italie, Pays-Bas, Suède) où le design est intégré partout dans la vie de tous les jours. Je rêve d’un pays comme celui-là. Je fais partie de ces gens qui croient que le design améliore la qualité de la vie et entraîne avec lui le désir de l’excellence.

Mes arguments pour prouver mon point
Les costumes des patineurs/patineuses artistiques canadiens (québécois inclus) ne sont pas laids mais ils ne sont pas vraiment beaux non plus. Souvent on remarque un manque de fini. Des petits détails comme la couleur des collants des filles et le manque de couvre patins m’apparaissent comme des faux pas évidents. Le design du vêtements lui-même est souvent simpliste ou manque d’originalité. Comme on juge la grâce des patineurs, il me semble que cela ne demande peu en temps et argent pour porter une attention supplémentaire à ces petits détails.

Il y a aussi le bobsleigh masculin à 2 canadien qui est arrivé en quatrième place (une équipe compétitive sur le plan mondial) versus le bobsleigh de l’équipe allemande, les médaillés d’or. Le bobsleigh canadien a l’air d’avoir été maquillé par ”monsieur tout le monde” alors qu’on dit Wow ! en voyant le bobsleigh allemand. Juste en voyant les deux, on sait au premier coup d’oeil que les allemands sont des gagnants.

Pourquoi ne faire appel à nos meilleurs designers
Les designers d’ici, toute catégorie confondue, cherchent à ce faire connaître sur le plan international. Ils font fassent à la compétition mondiale qui a de grands moyens financiers. Nos designers doivent se faire connaître avec de minuscules budgets vis-à-vis les designers européens, américains ou asiatiques souvent supportés par de grands investisseurs.

Il me semble que si j’étais un designer, que mes ambitions ou non soient de traverser nos frontières, j’essaierais de concevoir les dessins des costumes ou de l’équipement à un athlète canadien. Comme nos athlètes ont peu de moyen financier, ce travail ne serait probablement pas ou peu rémunéré. Dans les faits, c’est une dépense publicitaire pour le designer. Ensuite, je m’assurerais de produire et distribuer de bons communiqués de presse qui seront remis à l’ensemble des journalistes qui couvrent les Olympiques. Pourquoi pensez-vous que l’on parle toujours des costumes des patineuses américaines et de qui les a dessiné avec tant d’éclats. 

Les Olympiques sont une occasion de polir l’image d’un pays à travers le monde. En accordant une importance au design, une nation expose au monde entier et à ses concitoyens qu’elle est novatrice et qu’indirectement elle produit des produits supérieurs. Il ne faut pas sous estimé ce côté subliminal dans la promotion de nos produits et de nos athlètes.

Note cocasse sur les vêtements des journalistes à Radio-Canada
Marie-Josée Turcotte est habillée par Marie Saint-Pierre, la fameuse créatrice de mode du Québec. Marie Saint-Pierre crée des vêtements dont la coupe et la qualité d’exécution sont remarquables. Les hommes, eux, sont habillés par Bovet. Et oui, Radio-Canada fait vraiment tout pour rejoindre toutes les couches de la société.